La découverte d’anticorps antineuronaux circulants chez les patients souffrant de SNP suggère l’intervention d’un mécanisme auto-immun. Ils sont dirigés contre des antigènes-cibles exprimés par la tumeur mais également contre certaines cellules du système nerveux. Il s’agit d’auto-anticorps.
La mise en évidence d’un anticorps antineuronal permet d’affirmer le caractère paranéoplasique du trouble neurologique et d’orienter la recherche du cancer. Certains patients ne présentent toutefois pas d’anticorps antineuronaux.
Plusieurs anticorps antineuronaux sont actuellement identifiés : les anti-Hu, anti-Yo, anti-CV2, anti-Ri, anti-Ma, anti-amphiphysine, anti-Tr, anti-VGKC, anti-VGCC, anti-NMDA (liste non exhaustive). Certains anticorps permettent d’orienter la recherche d’un cancer : les anti-Yo sont fortement évocateurs d’un cancer de l’ovaire ou d’un cancer du sein alors que les anti-Hu doivent faire rechercher un cancer pulmonaire et les anti-Tr un lymphome.
Le Centre de Référence procure des informations sur les Syndromes Neurologiques Paranéoplasiques aux spécialistes médicaux français qui se sont engagés à améliorer les soins aux patients porteurs de maladies neurologiques liées à un cancer.
Dans cette section, vous trouverez des informations sur les anticorps associés aux SNP.
Des informations sont disponibles pour les anticorps suivants :
Anticorps anti-HU
Anticorps anti-YO
Anticorps anti-CV2
Anticorps anti-Ri
Anticorps anti-amphiphysine
Anticorps anti-Tr
Anticorps anti-Ma2
Anticorps anti-NMDA récepteurs
Anticorps anti-VGKC
Anticorps anti-VGCC
Anticorps anti-Zic4
Autres anticorps
Synonyme : anticorps anti-neuronal nucléaire de type 1 (ANNA 1)
Les symptômes neurologiques associé aux anticorps anti-Hu sont d’après une étude réalisée chez 200 patients.
Neuropathie sensitive : 54 %
Encéphalomyélite: 11 %
Syndrome cérébelleux subaigu: 10,5 %
Encéphalite limbique : 10 %
rhombencéphalite : 6 %
Affections du motoneurone : 4,5 %
Dysautonomie : 4 %
Les tumeurs associées aux anticorps anti-Hu sont d’après une série portant sur 167 patients.
Cancer du poumon à petites cellules (CPPC) : 66,6 %
Tumeurs extra thoraciques* : 13,8 %
Images radiologiques pulmonaires typiques d’un cancer mais non documentées : 10,2
Cancer du poumon non à petites cellules : 9 %
*par ordre de fréquence : prostate, gastro-intestinal, sein, vessie, pancréas et ovaire.
Fréquence des anticorps anti-Hu chez des patients avec suspicion de syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) sans preuve de cancer après > 5 ans de suivi : 2 %
Fréquence des anticorps anti-Hu chez des patients avec cancer du poumon à petites cellules (CPPC) sans PNS : 1 % avec des titres semblables à ceux de patients avec PNS, 16 % avec des titres inférieurs.
Immunohistochimie sur coupes de cerveau congelé (homme, singe, lapin, rat, souris) (Figure 3).
- Plusieurs tests commerciaux utilisent des immunoblots avec de la protéine recombinante HuD.
- Immunoblot sur homogénats neuronaux (Figure 3)
Figure 3
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Les patients avec syndromes paranéoplasiques et anticorps anti-Hu peuvent développer d’autres anticorps onconeuraux simultanés. Il s’agit des anticorps anti-CV2 (CRMP5), anti-amphiphysine, anti-Ri, anti-VGCC, ou anti-Zic4.
La cible des anticorps anti-Hu est une famille de protéines de liaison à l’ARN (RNA-binding protéines) de ~35-40 kDa principalement exprimées dans le système nerveux. Les trois antigènes neuronaux humains Hu sont HuD, HuC et Hel-N1 et sont reconnus tous les 3 par les sérums ou le LCR des patients avec anticorps anti-Hu. Il existe une quatrième protéine Hu appelée HuR dont l’expression n'est pas limitée aux neurones et qui n’est pas reconnue systématiquement par les anticorps anti-Hu paranéoplasiques. Les protéines Hu contiennent trois domaines de liaison à l’ARN qui sont homologues à ceux d'une protéine de la drosophile, appelée ELAV. Tout comme la protéine ELAV, indispensable au développement du système nerveux de la mouche, les protéines Hu sont cruciales pour le développement et le maintien du phénotype neuronal chez les mammifères. La protéine Hu humaine est exprimée par les cancers du poumon à petites cellules (CPPC) et par la plupart des neuroblastomes.
1. Posner JB, Dalmau J. Paraneoplastic syndromes. Curr Op Immunol 1997;9:723-9.
2. Graus F, Keime-Guibert F, Reñé R, et al. Anti-Hu-associated paraneoplastic encephalomyelitis: analysis of 200 patients. Brain 2001;124:1138-48.
3. Musunuru K, Darnell RB. Paraneoplastic neurological disease antigens:RNA-binding proteins and signaling proteins in neuronal degeneration. Annu Rev Neurosci 2001;24:239-62.
4. Bataller L, Wade DF, Graus F, Stacey HD, Rosenfeld MR, Dalmau J. Antibodies to Zic4 in paraneoplastic neurologic disorders and small-cell lung cancer. Neurology 2004; 62: 778-82.
5. Honnorat J., Cartalat-Carel S., Ricard D., et al. Onco-neural antibodies and tumour type determine survival and neurological syndromes with Hu or CV2/CRMP5 antibodies. J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry. 2009;80: 412-16.
Synonyme : auto-anticorps cytoplasmique de type-1 des cellules de Purkinje (PCA-1).
Dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique. Rarement, les patients présentent des signes d'atteinte des neurones moteurs tant supérieurs que périphériques.
La majorité des patients sont des femmes et les tumeurs associées sont presque exclusivement gynécologiques (principalement ovariennes) ou des cancers du sein. Des adénocarcinomes divers, des carcinomes à cellules de transition de la vessie ou des lymphomes ont été décrits chez quelques patients (homme et femme).
Fréquence des anticorps anti-Yo chez des patients avec suspicion de syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) sans preuve de cancer après > 5 ans de suivi : 2 %
Fréquence des anticorps anti-Yo chez des patients avec cancer du sein ou gynécologique sans PNS : 2 % avec titre semblables à ceux de patients avec PNS.
Immunohistochimie sur coupes de cerveau congelé (homme, singe, lapin, rat, souris) (Figure1 et 2).
Figure 1 : immnuréactivité anti-Yo sur cervelet humain
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Figure 2 : immnuréactivité anti-Yo sur cervelet de rat
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- Plusieurs tests commerciaux utilisent des immunoblots avec la protéine CDR62 recombinante.
- Immunoblot sur extraits de cellule de Purkinje (Figure 3)
Figure 3. Immunoblot de rat extrait cérébelleux exploré avec 3 sérums anti-Yo différents et un témoin normal.
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Les patients avec dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique et anticorps anti-Yo ne présentent généralement pas d’autres anticorps onconeuraux
L'expression des antigènes Yo- est limitée au cytoplasme des cellules de Purkinje du cervelet et des neurones de tronc cérébral. Deux antigènes sont reconnus par les anticorps anti-Yo, un antigène majeur de 62 kDa (CDR62, protéine de 62 kDa liée à la dégénérescence cérébelleuse) et un antigène mineur de 34 kDa (CDR34). En utilisant des sérums anti-Yo, trois gènes ont été clonés (cdr 1 à 3). Cdr1 code pour la protéine de 34 kDa, dont la prédiction de séquence en acides aminés révèle une structure inhabituelle composée de répétitions d’hexapeptides presque identiques. Le gène cdr2 code pour la protéine CDR62 qui contient un domaine de dimérisation leucine zipper en hélice qui se lie spécifiquement à c-Myc et ainsi diminue son activité. De plus, cdr2 supprime l'activité transcriptionnelle et la capacité de liaison à l’ADN du facteur nucléaire NF-Kappa B par un mécanisme inconnu. L’'expression spécifique neuronale de cdr2 est régulé par un mécanisme post-transcriptionnel. Le troisième gène, cdr3, présente 45 % d’identité avec cdr2 sur la prédiction de séquence en acides aminés mais n’a pas été plus étudié. Les antigènes Yo sont exprimés par la tumeur de tous les patients avec des anticorps anti-Yo. L'expression dans les tumeurs de patients séronégatifs est plus répandue que précédemment estimée.
1. Corradi JP, Yang C, Darnell JC, Dalmau J, Darnell RB. A post-transcriptional regulatory mechanism restricts expression of the paraneoplastic cerebellar degeneration antigen cdr2 to immune privileged tissues. J Neurosci 1997; 17:1406-15.
2. Okano HJ, Park WY, Corradi JP, Darnell RB. The cytoplasmic Purkinje onconeural antigen cdr2 down-regulates c-Myc function: implications for neuronal and tumor cell survival. Genes Dev 1999; 13:2087-97.
3. Darnell JC, Albert ML, Darnell RB. Cdr2, a target antigen of naturally occuring human tumor immunity, is widely expressed in gynecological tumors. Cancer Res 2000; 60:2136-9.
4. Rojas I, Graus F, Keime-Guibert F, Rene R, Delattre JY, Ramon JM, Dalmau J, Posner JB. Long-term clinical outcome of paraneoplastic cerebellar degeneration and anti-Yo antibodies. Neurology 2000; 55:713-5.
5. Sakai K, Kitagawa Y, Li Y, Shirakawa T, Hirose G. Suppression of the transcriptional activity and DNA binding of nuclear factor-kappa B by a paraneoplastic cerebellar degeneration-associated antigen. J Neuroimmunol 2001; 119:10-5.
6. Shams'ili S, Grefkens J, de Leeuw B, van den Bent M, Hooijkaas H, van der Holt B, Vecht C, Sillevis Smitt P. Paraneoplastic cerebellar degeneration associated with antineuronal antibodies: analysis of 50 patients. Brain 2003; 126:1409-18.
Synonyme : Anticorps anti-CRMP5.
Caractéristiques cliniques de 47 patients avec anticorps anti-CV2
Syndromes neurologiques |
% |
|---|---|
Neuropathie périphérique |
59.6 |
Ataxie cérébelleuse |
51.1 |
Atteinte oculaire (névrite/uvéite optique) |
17.0 |
Encéphalite limbique |
14.9 |
Syndrome myasthénique |
10.6 |
Gastroparésie |
10.6 |
Dysautonomie |
4.3 |
Opsoclonus |
2.1 |
Le cancer du poumon à petites cellules (CPPC) est la tumeur la plus fréquemment associée (59.6 %) avec le thymome (12.8 %). Les tumeurs extrathoraciques comprennent par ordre de fréquence : le carcinome indifférencié, le sarcome de l’utérus, le carcinome de la prostate à petites cellules.
Fréquence des anticorps anti-CV2 chez des patients avec suspicion de syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) sans preuve de cancer : 4 %
Fréquence des anticorps anti-CV2 chez des patients avec CPPC sans PNS : 9 %
Immunohistochimie sur coupes de tronc cérébral et de cervelet fixées au paraformaldéhyde. On observe un marquage typique des oligodendrocytes. Le neuropile peut aussi être marqué. (Figure 1)
Figure 1
L'immunoréactivité des anticorps anti-CV2 sur le cervelet de rat est principalement restreint à une sous population d'oligocendrocytes. Les immunoblots d'homogénat de cerveau de rat testés avec des anticorps anti-CV2 montrent une bande à 66 kDa.
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Immunoblots sur protéine recombinante CRMP5
Immunoblot sur homogénats cérébraux (cf figure 1)
Les patients présentant des syndromes paranéoplasiques et des anticorps anti-CV2 peuvent développer des anticorps simultanés contre d'autres antigènes onconeuronaux, notamment des anticorps anti-Hu, anti-amphiphysine, anti-Ri et des anti-Zic4.
La cible des anticorps anti-CV2 appartient à la famille des CRMP (pour Collapsin Response Mediator Protein ) qui sont des protéines d’environ 66 kDa principalement exprimées dans le système nerveux. La famille des CRMP est composée de cinq phosphoprotéines cytosoliques fortement exprimées dans le cerveau pendant le développement. CRMP5 est l'antigène principal reconnu par les anticorps anti-CV2 mais d'autres membres comme CRMP2, CRMP3 ou CRMP1 peuvent être reconnus de façon plus aléatoire. Le premier membre décrit, CRMP2, a été identifié comme messager intracellulaire lors du collapsus du cône de croissance neuronal induit par la sémaphorine 3A (Sema 3A). De nombreuses études montrent que la fonction de CRMPs n’est pas seulement limitée à la transduction de signaux de Sema 3A. Elles sont probablement impliquées dans des événements cellulaires et moléculaires multiples tels que l'apoptose et la prolifération, la migration et la différentiation des cellules neurales. Dans le cerveau adulte, l'expression des CRMPs est drastiquement réduite. Cependant, leur expression persiste dans des structures conservant une capacité de différentiation ainsi que, pour CRMP2 et CRMP5, dans une sous population d'oligocendrocytes. Dans le système nerveux périphérique, CRMP5 est exprimé dans un sous-groupe de neurones sensitifs et dans les cellules de Schwann. Les protéines CRMP sont également exprimées dans les CPPC.
1. Honnorat J., Antoine J. C., Derrington E. et al. Antibodies to a subpopulation of glial cells and a 66 kD developmental protein in patients with paraneoplastic neurological syndromes. J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry. 1996;61: 270-78.
2. Honnorat J., Byk T., Kusters I., et al. Ulip/CRMP proteins are recognized by autoantibodies in paraneoplasic neurological syndromes. Eur. J. Neurosci. 1999;11:4226-32.
3. Antoine J. C., Honnorat J., Camdessanche J. P., et al. Paraneoplastic anti-CV2 antibodies react with peripheral nerve and are associated with a mixed axonal and demyelinating peripheral neuropathy. Ann. Neurol. 2001;49: 214-21.
4. Ricard D., Rogemond V., Charrier E., et al. Isolation and expression pattern of human Unc-33-Like Phosphoprotein 6/Collapsin Response Mediator Protein 5 (Ulip6/CRMP5): coexistence with Ulip2/CRMP2 in Sema3A-sensitive oligodendrocytes. J. Neurosci. 2001;21: 7203-14.
5. Yu Z., Kryzer TJ., Griesmann GE., et al. CRMP-5 neuronal autoantibody: Marker of lung cancer and thymoma-related autoimmunity. Ann Neurol 2001;49:146-54.
6. Meyronet D., Massoma P., Thivolet F., et al. Extensive expression of collapsin response mediator protein 5 (CRMP5) is a specific marker of high-grade lung neuroendocrine carcinoma. Am J Surg Pathol. 2008 Nov;32(11):1699-708.
7. Honnorat J., Cartalat-Carel S., Ricard D., et al. Onco-neural antibodies and tumour type determine survival and neurological syndromes with Hu or CV2/CRMP5 antibodies. J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry. 2009;80: 412-16.
Synonyme : anticorps nucléaire anti-neuronal type 2 (ANNA 2)
Anticorps anti-NOVA
Syndrome opsclonus/myoclonus
Les patients ne présentent pas systématiquement un opsoclonus mais la majorité développe des symptômes impliquant le tronc cérébral caractérisés par une paralysie supranucléaire du regard, un syndrome parkinsonien, une rigidité, des vertiges, une dysarthrie et une dysphagie.
Cancer du sein ou cancer du poumon à petites cellules (CPPC).
Fréquence des anticorps anti-Ri chez des patients avec suspicion de syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) sans preuve de cancer : 3 %
Fréquence des anticorps anti-Ri chez des patients avec cancer sans PNS : 4 % dans une série de 161 patients avec cancer des ovaires. La fréquence dans le cancer du sein ou le CPPC est inconnue.
Immunohistochimie sur coupe de cerveau congelé (homme, singe, lapin, rat, souris) (figure 1)
Figure 1. l'immnuréactivité anti-Ri est identique à celle des anticorps anti-Hu pour les neurones du système nerveux central, mais, à la différence des anti-Hu, les anticorps anti-Ri ne réagissent pas avec les neurones de système nerveux périphérique. Immunocoloration sur une coupe de moelle épinière (SC) et de ganglion spinal (SG). de rat.
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Plusieurs tests commerciaux utilisent des immunoblots avec protéine recombinante NOVA.
Les immunoblots réalisés avec des extraits de neurones identifient un groupe d’antigènes de 53 à 61 kDa et 79-84 kDa (Figure 2)
Figure 2. Immunoblot d’un homogénat de noyaux de neurones testé avec un sérum (1) et un LCR (2) d'un patient avec anticorps anti-Ri. Ligne 3, sérum d’un patient anti-Hu positif.
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Les patients avec des anticorps anti-Ri et un CPPC peuvent également présenter des anticorps anti-Hu.
Antigènes Nova
La cible des anticorps anti-Ri est une famille de protéines de liaison à l’ARN principalement exprimées dans le système nerveux. Les deux cibles antigéniques des anticorps anti-Ri sont les protéines Nova-1 et Nova-2. Les protéines Nova contiennent trois domaines de liaison à l’ARN appelés KH (pour K homologie). Les protéines Nova sont cruciales pour le développement et le maintien du phénotype neuronal chez les mammifères. Des souris invalidées pour le gène Nova-1 au stade postnatal présentent une augmentation de l'apoptose dans les neurones du rhombencéphale et de la moelle épinière ventrale.
1. Luque F.A., Furneaux H.M., Ferziger R., et al. Anti-Ri: an antibody associated with paraneoplastic opsoclonus and breast cancer. Ann Neurol 1991;29:241-51.
2. Drlicek M., Bianchi G., Bogliun G., et al. Antibodies of the anti-Yo and anti-Ri type in the absence of paraneoplastic neurological syndromes: a long-term survey of ovarian cancer patients. J neurol 1997;244:85-9.
3. Musunuru K., Darnell R.B. Paraneoplastic neurological disease antigens:RNA-binding proteins and signaling proteins in neuronal degeneration. Annu Rev Neurosci 2001;24:239-62.
4. Sutton I.J., Barnett M.H., Watson J.D.G., et al. Paraneoplastic brainstem encephalitis and anti-Ri antibodies. J Neurol 2002;249:1597-8.
5. Pittock S.J., Lucchinetti C.F., Lennon V.A. Anti-neuronal nuclear autoantibody type-2: Paraneoplastic accompaniments. Ann Neurol 2003;53:580-7.
Synonymes : anticorps anti-amphiphysine I
Syndrome de l’Homme Raide associé à cancer du sein.
Les mêmes syndromes que ceux associés aux anticorps anti-Hu (encéphalomyélite paranéoplasique / neuropathie sensitive) quand la tumeur sous-jacente est un carcinome de poumon à petites cellules)
Cancer du sein ou cancer du poumon à petites cellules (CPPC).
Fréquence des anticorps anti-amphiphysine chez des patients avec suspicion de syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) sans preuve de cancer: 5 %
Fréquence des anticorps anti-amphiphysine chez des patients avec cancer sans PNS : 1 % dans une série de 146 patients avec CPPC. Aucun dans une série de 55 patients avec cancer du sein ou d'autres tumeurs gynécologiques.
Immunohistochimie sur coupe congelée de cervelet de rat ou de souris (Figure 1).
Figure1. Immnunoréactivité anti-amphiphysine détectée par immunofluorescence sur une coupe de cervelet de rat. Le cytoplasme de cellules de Purkinje est négatif.
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Plusieurs tests commerciaux utilisent les immunoblots avec de la protéine recombinante amphiphysine.
Immunoblot avec des extraits de cerveau de rat (figure 2)
Figure 2. Immunoblot d'extraits de cerveau de rat testé avec des sérums positifs anti-amphiphysine (lignes 2-6) qui réagissent avec une protéine de masse moléculaire de 128 kDa (flèche longue). Quelques sérums présentent aussi des anticorps anti-Hu. Lignes 7 et 8 testées avec des sérums positifs pour les anticorps anti-Hu. Contrôles négatifs dans lignes 1, 9 et 10.
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Les patients avec anticorps anti-amphiphysine et CPPC peuvent aussi présenter des anticorps anti-Hu.
Antigène amphiphysine
L’amphiphysine appartient à la famille des protéines BAR (Bin-Amphiphysin-Rsvsp) qui comporte deux isoformes, l’amphiphysine I et l’amphiphysine II. L’amphiphysine I est l'antigène reconnu par les anticorps anti-amphiphysine associés aux syndromes neurologiques paranéoplasiques. L’amphiphysin I est une protéine présynaptique qui joue un rôle clé dans l'endocytose, contrôlée par la clathrine, des vésicules synaptiques relarguées au niveau des terminaisons présynaptiques.
1. Folli F., Solimena M., Cofiell R., et al. Autoantibodies to a 128-kd synaptic protein in three women with the stiff-man syndrome and breast cancer. N Engl J Med 1993;328:546-51.
2. Saiz A., Dalmau J., Butler M.H., et al. Anti-amphiphysin I antibodies in patients with paraneoplastic neurologic disorders associated with small cell lung carcinoma. J Neurol Neurosurg Psychiatry 1999;66:214-7.
3. Antoine J.C., Absi L., Honnorat J., et al. Antiamphiphysin antibodies are associated with various paraneoplastic neurological síndromes and tumors. Arch Neurol 1999;56:172-7.
4. Prego L., Previtali S.C., Nemni R., et al. Autoantibodies to amphiphysin I and amphiphysin II in a patient with sensory-motor neuropathy. Eur Neurol 2002;47:196-200.
5. Zhang B., Zelhof A.C. Amphiphysins: Rasing the BAR for synaptic vesicle recycling and membrane dynamics. Traffic 2002;3:542-60.
Synonymes : PCA-Tr
Dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique (PCD).
Maladie de Hodgkin, lymphome malin non-hodgkinien.
Fréquence des anticorps anti-Tr chez des patients avec suspicion de PCD sans preuve de cancer : 11 % (3/28)
Fréquence des anticorps anti-Tr chez des patients avec maladie Hodgkin seule : 0 % (sur 30 cas)
Immunohistochimie sur coupes congelées de cervelet de rat ou de souris (Figure 1)
.
Figure 1 : Etude histochimique d’une coupe de cervelet de rat incubé avec des anticorps anti-Tr. On observe un marquage du cytoplasme des cellules de Purkinje et des cellules de la couche moléculaire avec une réactivité punctiforme fine
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Non disponible. L’anticorps n’est pas détecté par immunoblot
Les patients avec des anticorps anti-Tr ont fréquemment des anticorps anti-MAZ (myc-associated zinc finger protein). Dans une étude, on retrouvait des anticorps anti-MAZ chez 16 des 19 patients avec anticorps anti-Tr. Cependant, 16 des 131 patients contrôles présentaient également des anticorps anti-MAZ
Antigène Tr
non connu
1. Graus F., Dalmau J., Valldeoriola F., et al. Immunological characterization of a neuronal antibody (anti-Tr) associated with paraneoplastic cerebellar degeneration and Hodgkin's disease. J Neuroimmunol 1997;74:55-61.
2. Graus F., Gultekin S.H., Ferrer I., et al. Localization of the neuronal antigen recognized by anti-Tr antibodies from patients with paraneoplastic cerebellar degeneration and Hodgkin’s disease in the rat nervous system. Acta Neuropathol 1998;96:1-7.
3. Bernal F., Shams'ili S., Rojas I., et al. Anti-Tr antibodies as markers of paraneoplastic cerebellar degeneration and Hodgkin's disease. Neurology. 2003;60:230-4.
4. Bataller L., Wade D.F., Graus F., et al. The MAZ protein in an auroantigen of Hodgkin’s disease and paraneoplastic cerebellar dysfunction. Ann Neurol 2003 ;53 :123-7.
Synonymes : Anti-Ta.
Environ 95 % de patients avec anticorps anti-MA2 développent des encéphalopathies limbiques, diencéphaliques et/ou du tronc cérébral (rhombencéphalite). Le tableau clinique associe souvent un trouble de la mémoire à court terme, des crises d’épilepsies, un syndrome confusionnel, une somnolence diurne excessive (parfois cataplexie/ narcolepsie), des déficits hormonaux hypothalamiques et une paralysie de verticalité du regard qui peut progresser jusqu’à l'ophtalmoplégie totale, un syndrome parkinsonien et une ataxie cérébelleuse. La figure 1 montre les trois régions du système nerveux impliquées chez 34 patients avec anticorps anti-Ma2.
Figure1 : Distribution des Syndromes Prédominants chez 34 Patients avec Encéphalite à anticorps anti-Ma2
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Dans une étude réalisée chez 38 patients présentant des anticorps anti-Ma2, 34 avait un cancer prouvé histologiquement (table 1). Trois des 4 patients sans cancer démontré avaient des caractéristiques cliniques ou radiologiques suggérant un cancer sous-jacent; le quatrième patient était perdu de vue
Table1 : tumeurs retrouvées chez 34 patients présentant une encéphalite avec anticorps anti-MA2
| Tumeurs testiculaires | 18 |
|---|---|
| Tumeur du poumon non à petites cellules | 7 |
| Autres* | 9 |
*2 cancers du sein, 1 glande parotidienne, 1 ovaire, 1 côlon, 1 rein, 1 lymphome, 1 choriocarcinome extra-gonadique métastatique, 1 métastase avec primitif inconnu
Par immunohistochimie sur coupes de cerveau congelé (homme, lapin, rat, souris), les anticorps anti-Ma2 montrent une réactivité nucléaire de quelques structures (réactivité en point « dot »). On peut également observer une réactivité additionnelle du cytoplasme des grands neurones du tronc cérébral ou des noyaux profond du cervelet (réactivité en larges points) (Figure2).
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Immunoblot sur protéine recombinante Ma2.
Immunoblot sur protéines neuronales humaines (Figure 3).
Figure3 : Immunoblot de Protéines Neuronales avec les Sérums de Patients avec Anticorps à Ma1 et Ma2.
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Les anticorps anti-Ma2 peuvent se développer en association avec des anticorps anti-Ma1 et/ou Ma3. Ces anticorps peuvent être identifiés par immunoblots avec des protéines neuronales ou avec des protéines recombinantes Ma1 et Ma3. Comme tous les patients avec anti-Ma1 ou anti-Ma3 présentent également des anticorps anti-Ma2, le patron de réactivité immunohistochimique est semblable à celui décrit pour les anti-anticorps anti-Ma2. Comparés aux patients qui présentent des anticorps anti-Ma2 seuls, les patients avec des anticorps supplémentaires contre Ma1 ou Ma3 développent des dysfonctionnements du tronc cérébral ou du cervelet plus étendus et le cancer est moins probablement un cancer des testicules.
Antigènes Ma :
La protéine Ma2 appartient à une famille de protéines exprimées dans le cerveau et dans la tumeur des patients porteurs d’anticorps anti-Ma2. Les autres protéines de la famille Ma sont Ma1 et Ma3. Ma1 est exprimé dans le cerveau et le testicule et Ma3 a une expression modérée dans d'autres tissus systémiques. Sur des immunoblots de protéines neuronales humaines, les protéines Ma1 et Ma2 migrent comme un groupe de bandes d’environ 39-42 kDa (Figure 2) ; la réactivité avec Ma3 (~53 kDa) est variable et difficile à visualiser. Le sérum et le LCR de tous les patients présentant une immunité vis-à-vis des protéines de la famille Ma réagissent avec Ma2, cette protéine est donc l'auto-antigène principal du désordre. Environ 38 % des patients avec anticorps anti-Ma2 présentent également des anticorps contre Ma1 ou Ma3. La fonction des protéines Ma est inconnue, mais leur patron d'expression dans les neurones ainsi que l'analyse des motifs de la protéine suggère qu'elles sont impliquées dans la biogenèse des ARNm.
1. Voltz R., Gultekin S.H., Rosenfeld M.R., et al. A serologic marker of paraneoplastic limbic and brain-stem encephalitis in patients with testicular cancer. N Engl J Med 1999;340:1788-1795.
2. Rosenfeld M.R., Eichen J.G., Wade D.F., et al. Molecular and clinical diversity in paraneoplastic immunity to Ma proteins. Ann Neurol 2001;50:339-348.
Anticorps anti-NMDA récepteurs.![]()
Synonymes : anticorps anti-NMDAR, anticorps anti-NMDA. Nom complet : anticorps anti-récepteur au N-méthyl-D-aspartate.
Encéphalite limbique
La majorité des patients sont des femmes jeunes et la tumeur associée est un tératome de l’ovaire
Sur une étude comportant 100 patients, 91 % étaient de femmes (âge médian : 23 ans). Une tumeur était détectée dans 59 % des cas (56 femmes et 2 hommes). 91 % des femmes avec une tumeur présentaient un tératome de l’ovaire. Chez les hommes, 2 tumeurs étaient détectés, un tératome immature du testicule et un CPPC.
Le diagnostic se fait de préférence avec le LCR des patients.
Immunohistochimie sur coupe de cerveau de rat fixé au paraformaldéhyde. On observe un marquage au niveau de l’hippocampe.
Immunohistochimie sur cellules HEK transfectées avec les sous-unités NR1 et NR2b du récepteur au NMDA
Pas d’associations connues avec d’autres anticorps anti-neuronaux.
Antigène récepteur au NMDA
Les récepteurs au NMDA sont des récepteurs ionotropes activés par le glutamate. Ils sont spécifiquement activés par le N-méthyl-D-aspartate (NMDA). Ils ont un rôle crucial dans la transmission synaptique et la plasticité. Les récepteurs se présentent sous forme de tétramères constitués de 2 sous-unités NR1, qui lient la glycine, et de 2 sous-unités NR2 (A, B, C ou D) qui lient le glutamate. L’épitope reconnu par l’ensembles des anticorps des patients se situe dans la région extracellulaire de la sous-unité NR1
1. Dalmau J., Tüzün E., Wu H.Y., et al. Paraneoplastic anti-N-methyl-D-aspartate receptor encephalitis associated with ovarian teratoma. Ann Neurol. 2007;61:25-36
2. Dalmau J., Gleichman A.J., Hughes E.G., et al. Anti-NMDA-receptor encephalitis: case series and analysis of the effects of antibodies. Lancet Neurol. 2008;7:1091-8.
3. Graus F., Saiz A., Lai M., et al. Neuronal surface antigen antibodies in limbic encephalitis: clinical-immunologic associations. Neurology. 2008;71:930-6.
4. Iizuka T., Sakai F., Ide T., et al. Anti-NMDA receptor encephalitis in Japan: long-term outcome without tumor removal. Neurology. 2008;70:504-11.
Synonyme : Aucun. Nom complet : Anticorps anti-canaux potassiques voltage-dépendants.
Hyperexcitabilité du nerf périphérique (neuromyotonie acquise ou maladie d'Isaac), dysautonomie, syndrome de Morvan, syndromes limbiques
Principalement thymome (autour de 20 %) et cancer du poumon à petites cellules (< 5 %). La majorité des cas ne présentent pas de tumeur.
La fréquence des anticorps anti-VGKC chez des patients présentant des syndromes cliniques appropriés sans preuve de cancer est élevée (> 80 %)
Les anticorps VGKC à titre élevé peuvent être détectés par immunohistochimie et montrent un marquage caractéristique de la couche moléculaire du cervelet (Figure 1a), ou de l'hippocampe (Figure 1b). Ils doivent être confirmés par un test d'immunoprécipitation utilisant des VGKC extraits de tissu de cerveau humain ou de rongeur et couplés à la dendrotoxine marquée à l’iode 125. Les titres plus faibles ne sont détectés que par cet essai. Celui-ci ne détecte que les anticorps contre les formes de VGKC Kv1.1, 1.2 et 1.6 se liant à la dendrotoxine.
| Figure 1a. (Vincent et al, Brain 2004) Immunohistochimie sur coupe de cervelet de rat montrant la réactivité des anticorps anti-VGKC. ML : couche moléculaire, PC : cellules de Purkinje; GL : couche granulaire. | ![]() |
|---|---|
| Figure1b (Courtoisie du Dr C. Buckley). sérum avec anticorps anti-VGKC testé sur de l’hippocampe de rat | ![]() |
Il n’existe aucun test commercial ou sur protéine recombinante actuellement.
Les patients avec des anticorps anti-VGKC peuvent présenter une myasthénia gravis avec ou sans anticorps anti-récepteur à l'acétylcholine, ou peuvent avoir des anticorps anti-récepteur à l'acétylcholine sans myasthénia gravis. D'autres anticorps associés au thymome (par exemple anti-interféron alpha ou anti-IL-12) peuvent être présents. Une neuromyotonie acquise a été décrite chez des patients après greffe de moelle osseuse, ou présentant une sclérose systémique ou d'autres maladies auto-immunes.
Antigène VGKCs
Les VGKCs appartiennent à la famille des canaux potassiques voltage-dépendants. Ce sont des protéines de membrane qui contrôlent le potentiel des membranes cellulaires. Elles sont formées de tétramères, généralement des hétéro-tétramères de sous-types différents. La dendrotoxine se lie principalement à Kv1.1, 1.2 et 1.6 et ces sous-types sont donc les cibles les plus probables des anticorps VGKC. Les VGKCs sont exprimés par une large gamme de cellules, mais ont un rôle plus important dans le contrôle de l’excitabilité des membranes du système nerveux.
1. Wang H., Kunkel D.D., Schwartzkroin P.A., et al. Localization of Kv1.1 and Kv1.2, two K channel proteins, to synaptic terminals, somata, and dendrites in the mouse brain. J Neurosci 1994; 14: 4588-99.
2. Buckley C., Oger J., Clover L., et al. Potassium channel antibodies in two patients with reversible limbic encephalitis. Ann Neurol 2001; 50: 73-8.
3. Liguori R., Vincent A., Clover L., et al. Morvan's syndrome: peripheral and central nervous system and cardiac involvement with antibodies to voltage-gated potassium channels. Brain 2001; 124: 2417-26.
4. Hart I.K., Maddison P., Newsom-Davis J., et al. Phenotypic variants of autoimmune peripheral nerve hyperexcitability. Brain 2002; 125: 1887-95.
5. Pozo-Rosich P., Clover L., Saiz A., et al. Voltage-gated potassium channel antibodies in idiopathic and paraneoplastic limbic encephalitis. Ann Neurol. 2003 54:530-3.
6. Schott J.M., Harkness K., Barnes J., et al. Amnesia, cerebral atrophy, and autoimmunity. Lancet 2003; 361: 1266.
7. Vincent A., Buckley C., Schott J.M., et al. Potassium channel antibody-associated encephalopathy: a potentially immunotherapy-responsive form of limbic encephalitis. Brain 2004; 127: 701-12.
Synonyme : Aucun. Nom complet : anticorps anti-canaux calciques voltage-dépendants de type P/Q
Les anti-VGCC sont associés avec le syndrome myasthénique de Lambert-Eaton (LEMS) ou la dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique.
La présence d'anticorps anti-VGCC sérique prédit la présence d'une tumeur, surtout un cancer du poumon à petites cellules, dans un peu plus de 50 % des patients. Les anticorps VGCC sont positifs dans près de 100 % des LEMS associés à une tumeur et dans près de 90 % des LEMS non associés à une tumeur. Dans la moitié des patients LEMS, une tumeur, généralement un cancer du poumon à petites cellules, est détecté.
Fréquence des anticorps anti-VGCC chez des patients avec cancer du poumon à petites cellules sans PNS : 0 à 5 % avec des titres semblables à ceux de patients avec PNS. Une série annonce 18 %.
Types de cancer trouvés chez 141 patients avec syndrome myasthénique de Lambert-Eaton. (d’après Wirtz et al,. Clin Neurol Neurosurg. 2002; 104:35)
Cancer types |
N |
| Pulmonary malignancies (Small cell lung carcinoma) Lymphoma Leukemia Miscellaneous |
112 |
| Prostate carcinoma Laryngeal carcinoma Breast carcinoma Gall bladder carcinoma Rectal adenocarcinoma Carcinoma of maxillar glandule Malignant thymoma Ameloblastoma Lymph metastasis, unknown primary |
3 |
Aucun. L'immunohistochimie de routine sur coupe de cerveau congelé ne détecte pas les anticorps anti-VGCC.
Test confirmatif :
RIA utilisant des extraits de cervelet. Disponible dans les laboratoires de recherche et comme test commercial.
Les patients avec syndromes paranéoplasiques et anticorps anti-VGCC peuvent développer d’autres anticorps onconeuronaux tels que les anticorps anti-Hu, anti-amphiphysine, ou anti-Ri.
Antigène VGCC
Les cibles principales des anticorps anti-VGCC sont les canaux calciques voltage-dépendants de type P/Q. La liaison des anticorps de sérum de patients LEMS aux VGCC de type N a aussi été rapportée. Les protéines VGCCs sont formées d’une sous-unité alfa-1 transmembranaire (175 kDa), d’une sous-unité bêta intracellulaire (50 kDa), d’un dimère alfa2/delta (143 kDa et 27 kDa) et d’une sous-unité gamma transmembranaire. On connaît plusieurs sous-types de ces sous-unités. Les VGCCs de type P et Q comporte une variant d’épissage de la même sous-unité alfa-1 codée par un seul gène CACNA1A.Les VGCCs ont une localisation présynaptique et jouent un rôle important dans la libération de neurotransmetteurs. La sous-unité alfa-1 est celle qui forme le pore membranaire et contient aussi le détecteur de potentiel membranaire. La liaison des anticorps à des VGCCs complets extraits du cervelet a été démontrée par RIA. De plus, les anticorps sérique de patients LEMS se lient aussi à des peptides représentant des parties extracellulaires de la sous-unité alfa1. L’existence d’anticorps dirigés contre la sous-unité bêta des VGCC a été démontrée.
Chez l’Homme, l’antigène VGCC est exprimé dans le système nerveux central, au niveau des synapses de la jonction neuromusculaire, dans le système nerveux autonomique ainsi que dans les cancers du poumon à petites cellules
1. O'Neill J.H., Murray N.M., Newsom-Davis J.. The Lambert-Eaton myasthenic syndrome. A review of 50 cases. Brain. 1988;111:577-96.
2. Lennon V.A., Kryzer T.J., Griesmann G.E., et al. Calcium-channel antibodies in the Lambert-Eaton syndrome and other paraneoplastic syndromes. N Engl J Med. 1995;332:1467-74.
3. Motomura M., Lang B., Johnston I., et al. Incidence of serum anti-P/O-type and anti-N-type calcium channel autoantibodies in the Lambert-Eaton myasthenic syndrome. J Neurol Sci 1997;147:35-42.
4. Verschuuren J.J., Dalmau J., Tunkel R., et al.. Antibodies against the calcium channel beta-subunit in Lambert-Eaton myasthenic syndrome. Neurology. 1998;50:475-9.
5. Antoine J.C., Absi L., Honnorat J., et al. Antiamphiphysin antibodies are associated with various paraneoplastic neurological syndromes and tumors. Arch Neurol. 1999;56:172-7.
6. Iwasa K., Takamori M., Komai K., Mori Y. Recombinant calcium channel is recognized by Lambert-Eaton myasthenic syndrome antibodies. Neurology. 2000;54:757-9.
7. Pittock S.J., Lucchinetti C.F., Lennon V.A. Anti-neuronal nuclear autoantibody type 2: paraneoplastic accompaniments. Ann Neurol. 2003;53:580-7.
8. Monstad S.E., Drivsholm L., Storstein A., et al.. Hu and voltage-gated calcium channel (VGCC) antibodies related to the prognosis of small-cell lung cancer. J Clin Oncol. 2004;22:795-800
Synonyme : aucun
Le principal désordre neurologique associé aux anticorps Zic4 est la dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique dans un contexte de cancer du poumon à petites cellules (CPPC). Si des anticorps Zic4 se développent concurremment avec d'autres anticorps onconeuronaux (voir associations immunologiques) le désordre neurologique est l'encéphalomyélite paranéoplasique.
La fréquence des anticorps Zic4 chez les patients avec CPPC sans SNP est de 16 %.
Les anticorps anti-Zic4 sont fortement associés à un CPPC. Dans une étude portant sur 49 patients avec anticorps anti-Zic4 associé à des syndromes paranéoplasiques, 44 patients présentaient un CPPC, un patient un adénocarcinome du poumon (avec présence d’anticorps anti-Hu), un patient un neuroblastome, un patient une tumeur des cellules de Merkel et deux patients présentaient un probable cancer du poumon (lésion pulmonaire radiologique ou adénopathies médiastinales).
Il se fait par immunohistochimie sur coupes de cerveau congelé (homme, lapin, rat, souris). Les anticorps anti-Zic4 montrent une réactivité prédominante avec les noyaux des neurones de la couche granulaire du cervelet (Figure 1 A et B) et une réactivité moins intense avec d'autres neurones, comprenant par ordre décroissant : les cellules de Purkinje, les neurones des noyaux cérébelleux profonds, du tronc cérébral et du cerveau. La détection immunohistochimique des anticorps Zic4 peut être compliquée par leur association fréquente avec d'autres anticorps onconeuronaux (Hu, CV2/CRMP5, Ri).
| Fufure 1 A et B | |
|---|---|
![]() |
![]() |
La démonstration définitive est obtenue par immunoblot avec de la protéine ZIC4 recombinante (Figure 2A). L’immunoblot réalisé avec des protéines neuronales humaines n'est pas un bon test car la plupart des sérums de patients montrent une réactivité sur des protéines neuronales multiples, correspondant probablement à une réactivité croisée avec différentes protéines Zic (Figure 2B)
| Figure 2A | Figure 2 B |
|---|---|
![]() |
|
Du fait de la forte homologie des protéines Zic, le sérum des patients avec anticorps anti-Zic4 réagit presque toujours avec Zic1 et moins fréquemment avec Zic2.
Les patients présentant des désordres paranéoplasiques et des anticorps anti-Zic4 développent souvent d’autres anticorps onconeuraux associés au CPPC, notamment des anti-Hu, des anti-CV2/CRMP5 et moins fréquemment des anti-Ri. Dans une étude portant sur 49 patients avec une encéphalite paranéoplasique ou une dégénérescence cérébelleuse associée aux anticorps anti-Zic4, d’autres anticorps de type anti-Hu (= 29), anti-CV2/CRMP5 (= 2) ou association des trois anticorps (= 9) étaient mis en évidence. Les patients avec des anticorps Zic4 isolés développent plus probablement un dysfonctionnement cérébelleux pur alors que les patients avec plusieurs anticorps développent généralement une encéphalomyélite.
L’antigène Zic :
Les protéines Zic ont un rôle important dans le développement du système nerveux et forment une famille de 5 protéines en doigt de zinc présentant des zones d’homologie importantes (de 52 à-62 % d’identité). Dans des études sur l'animal, la mutation des différent gènes Zic aboutit à un vaste tableau d'anomalies neurologiques, notamment une malformation du cervelet, une holoprosencéphalie, un spina bifida et des anomalies sensorimotrices de la démarche. Les souris Zic1 mutantes sont considérées comme un modèle d’étude pour le syndrome de Joubert, un désordre récessif autosomique humain caractérisé par des malformations du rhombencéphale et du cervelet.
1. Aruga J., Yozu A., Hayashizaki Y., et al. Identification and characterization of Zic4, a new member of the mouse Zic gene family. Gene 1996;172:291-294.
2. Aruga J., Minowa O., Yaginuma H., et al. Mouse Zic1 is involved in cerebellar development. J Neurosci 1998;18:284-293.
3. Bataller L., Wade D.F., Graus F., et al. Antibodies to Zic4 in paraneoplastic neurologic disorders and small-cell lung cancer. Neurology 2004; 62: 778-82.
Autres anticorps à intérêt potentiel dans les syndromes neurologiques paranéoplasiques.![]()
En plus des anticorps cités auparavant, d'autres anticorps ont été décrits chez quelques patients avec syndromes neurologiques paranéoplasiques (SNP). Leur valeur potentielle dans le diagnostic ou la pathogenèse des SNP est moins claire que pour ceux précédemment décrit car ils présentent certaines limites décrites ci-dessous
- L’antigène n’est pas connu donc l'immunotransfert sur protéine recombinante n'est pas disponible pour confirmer la spécificité.
-Le nombre de cas décrit est très faible
-La description des syndromes neurologiques associés est peu détaillée
-L'anticorps n'a pas été identifié sans équivoque par des études différentes.
-La fréquence de l'anticorps chez des patients avec cancer sans PNS ou chez des patients avec d'autres syndromes neurologiques n'est pas bien établie.
Les Anticorps :
Antigène : non connu
Annoncé par plus d'un laboratoire : non
Cas décrits : 11
Syndromes neurologiques : syndromes divers
Tumeurs Associées : cancer du poumon
Présence chez des patients sans PNS et cancer : non
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : Un
Référence : Chan KH, Vernino S, Lennon VA. ANNA-3 anti-neuronal nuclear antibody : Marker of lung cancer-related autoimmunity. Ann Neurol 2001;50:301-11.
Antigène : non connu
Annoncé par plus d'un laboratoire : non
Cas décrits : 10
Syndromes neurologiques : syndromes divers
Tumeurs Associées : Cancer du poumon
Présence chez des patients sans PNS et cancer : < 2 %
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : aucun
Référence : Vernino S, Lennon VA. New Purkinje cell antibody (PCA-2): Marker of lung cancer-related neurological autoimmunity. Ann Neurol 2000;47:297-305.
Antigène : mGluR1
Annoncé par plus d’un laboratoire : non
Cas décrits : 2
Syndromes neurologiques : ataxie cérébelleuse
Tumeurs Associées : maladie de Hodgkin
Présence chez des patients sans PNS et cancer : Inconnu
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : Inconnu
Référence : Sillevis Smitt P, Kinoshita A, De Leeuw B, et al. Paraneoplastic cerebellar ataxia due to autoantibodies against a glutamate receptor. N Engl J Med 2000;342: 21-7.
Antigène : Géphyrine
Annoncé par plus d’un laboratoire : non
Cas décrits : 1
Syndromes neurologiques : Syndrome de l'Homme Raide
Tumeurs Associées : carcinome médiastinal indifférencié
Présence chez des patients sans PNS et cancer : Inconnu
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : Inconnu
Référence : Butler MH, Hayashi A, Ohkoshi N, et al. Autoimmunity to gephyrin in stiff-man syndrome. Neuron 2000;26:307-12.
Antigène : Inconnu
Annoncé par plus d'un laboratoire : non
Cas décrits : 1
Syndromes neurologiques : encéphalite limbique
Tumeurs Associées : Cancer du sein
Présence chez des patients sans PNS et cancer : Inconnu
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : Inconnu
Référence : Scheid R, Honnorat J, Delmont E, et al. A new anti-neuronal antibody in a case of paraneoplastic limbic encephalitis associated with breast cancer. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2004;75:338-40.
Antigène : Inconnu
Annoncé par plus d'un laboratoire : non
Casdécrits : 1
Syndromes neurologiques : Neuropathie sensitive
Tumeurs Associées : Cancer du sein
Présence chez des patients sans PNS et cancer : Inconnu
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : Inconnu
Référence : Iwahashi T, Inoue A, Koh CS, et al. A study on a new antineural antibody in a case of paraneoplastic sensory neuropathy associated with breast carcinoma. J Neurol Neurosurg Psychiatry 1997;63:516-19.
Antigène : Homer 3
Cas décrits : 1
Syndromes neurologiques : Ataxie cerebelleuse idiopathique subaigüe
Tumeurs associées : aucune
Présence chez des patients sans PNS et cancer : inconnue
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : inconnue
Référence : Zuliani L, Sabater L, Saiz A, Baiges JJ, Giometto B, Graus F. Homer 3 autoimmunity in subacute idiopathic cerebellar ataxia. Neurology. 2007;68:239-40.
Antigène : protéine kinase C gamma
Cas décrits :1
Syndromes neurologiques : Dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique
Tumeurs associées : Cancer du poumon non à petites cellules
Présence chez des patients sans PNS et cancer : non
Présence chez des patients avec syndromes neurologiques autres que ceux associés aux PNS : inconnue
Référence : Sabater L, Bataller L, Carpentier AF, Aguirre-Cruz ML, Saiz A, Benyahia B, Dalmau J, Graus F. Protein kinase Cgamma autoimmunity in paraneoplastic cerebellar degeneration and non-small-cell lung cancer. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2006;77:1359-62.
Antigène : Sox1
Syndromes neurologiques : Syndrome myasthénique de Lambert-Eaton (LEMS) majoritairement
Tumeurs associées : Cancer du poumon à petites cellules (CPPC)
Présence chez des patients avec CPPC et LEMS : 64 %
Présence chez des patients avec CPPC et anticorps anti-Hu : 32 %
Présence chez des patients avec CPPC sans PNS : 22 %
Référence : Sabater L, Titulaer M, Saiz A, Verschuuren J, Güre AO, Graus F.SOX1 antibodies are markers of paraneoplastic Lambert-Eaton myasthenic syndrome. Neurology. 2008;70:924-8.
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Updated 2009-09-17